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Histoire de l’Assomption à Madagascar

Une mission portée par la foi et l’espérance

L’histoire de l’Assomption à Madagascar est avant tout une histoire de foi, de courage et de dévouement missionnaire. Elle s’inscrit dans l’engagement de religieux qui ont quitté leur pays pour annoncer l’Évangile, accompagner les communautés chrétiennes et contribuer au développement de l’Église malgache.

1. Le 25 octobre 1953 : le départ des premiers missionnaires

Le 25 octobre 1953, à 8 heures du matin, à Marseille, en France, les Pères Canonne, Jean-Louis Balme et Gabriel Chatelin quittèrent leur terre natale pour se rendre à Madagascar en mission. Ce départ marquait une étape importante dans l’histoire de la présence des Augustins de l’Assomption dans la Grande Île.

En quittant la France, ces missionnaires répondaient à un appel : porter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ au peuple malgache, servir les communautés chrétiennes et participer à la construction d’une Église enracinée dans la culture locale.

Leur départ représentait bien davantage qu’un simple voyage. Il exprimait une disponibilité totale au service de l’Évangile, un esprit de sacrifice et une volonté de faire grandir le Royaume de Dieu. À travers leur engagement, ils allaient contribuer à écrire une nouvelle page de l’histoire missionnaire de Madagascar.

Leur présence s’inscrivait dans la spiritualité de l’Assomption, marquée par l’amour du Christ, l’attachement à l’Église et le souci de travailler à l’avènement du Royaume de Dieu dans toutes ses dimensions.

2. De la mission à la naissance du diocèse de Tuléar

À leur arrivée à Tuléar, le 16 novembre 1953, les trois premiers missionnaires assomptionnistes, les Pères Michel Canonne, Jean-Gabriel Chatelin et Jean-Louis Balme, découvrirent un vaste champ d’apostolat.

Tout était à entreprendre : organiser la vie missionnaire, accompagner les communautés chrétiennes, former les catéchistes, construire des églises, développer les écoles et contribuer aux œuvres sociales et sanitaires. Dans cette région du Sud-Ouest de Madagascar, marquée par de grandes distances et des conditions de vie parfois difficiles, la mission exigeait une foi solide, de la patience et un profond esprit de service.

Les missionnaires ne venaient pas seulement annoncer l’Évangile par la parole. Ils étaient également appelés à témoigner du Christ par leur présence, leur proximité avec les populations et leur engagement auprès des plus pauvres.

Le 8 avril 1957, le diocèse de Tuléar fut officiellement érigé. Cette création constitua une étape décisive pour l’organisation de l’Église catholique dans cette partie de Madagascar. Le Père Michel Canonne joua un rôle majeur dans cette nouvelle étape de l’évangélisation.

3. Mgr Michel Canonne, une figure fondatrice

Le nom de Mgr Michel Canonne demeure étroitement lié aux débuts de la mission assomptionniste à Madagascar. Religieux augustin de l’Assomption, il fut l’un des pionniers de cette présence missionnaire avant de devenir le premier évêque de Tuléar.

Son parcours témoigne de la manière dont une œuvre missionnaire peut progressivement devenir une Église locale organisée, appelée à grandir et à prendre ses responsabilités.

Sa consécration épiscopale eut lieu le 25 octobre 1959, et non en 1957, selon les notices historiques consultées. Cette célébration constitue un repère important dans l’histoire de l’Église de Tuléar.

4. Une œuvre qui grandit au service de l’Église malgache

Au fil des années, la mission de l’Assomption à Madagascar s’est développée. Les premières années, marquées par le travail de quelques pionniers, ont progressivement ouvert la voie à une présence religieuse plus importante, à la formation de nouveaux religieux et à l’enracinement du charisme assomptionniste dans la culture malgache.

L’Assomption a poursuivi son engagement dans plusieurs domaines : la pastorale, l’éducation, la formation, les œuvres sociales et l’accompagnement des communautés chrétiennes.

La formation des jeunes religieux est devenue un élément essentiel de cette histoire. Elle vise à préparer des hommes capables de vivre leur consécration avec maturité, de servir l’Église et de témoigner de l’Évangile dans les réalités de leur temps.

Dans cette perspective, les maisons de formation, notamment celle de Manirisoa à Fianarantsoa, occupent une place importante dans la préparation des futurs religieux assomptionnistes. Elles contribuent à transmettre la spiritualité de saint Augustin et du Père Emmanuel d’Alzon, ainsi qu'à former des religieux enracinés dans la prière, la vie fraternelle, l’étude et l’apostolat.

La croissance de l’Assomption à Madagascar est ainsi le fruit d’une histoire collective : celle des missionnaires venus de l’étranger, des religieux malgaches qui ont pris le relais, des communautés chrétiennes et de tous ceux qui ont soutenu cette œuvre par leur prière, leur travail et leur générosité.

5. Le 25 octobre 2026 : un jour de mémoire et de renouveau pour l’Église

Le 25 octobre occupe une place particulière dans cette histoire. Cette date rappelle le départ des premiers missionnaires de Marseille en 1953 et nous invite à faire mémoire de leur engagement. En ce même jour, 25 octobre 2026, une nouvelle étape importante a été annoncée pour l’Église de Fianarantsoa : le pape Léon XIV a accepté la renonciation de Mgr Fulgence Rabemahafaly au gouvernement pastoral de l’archidiocèse. Mgr Jean Nicolas Rakotojaona, qui avait été nommé archevêque coadjuteur le 25 octobre 2025, lui succède.

Mgr Fulgence Rabemahafaly a célébré en ce même jour la messe de clôture du mois missionnaire et du Rosaire à Ambohidepona, à Fianarantsoa. Ces événements donnent à cette date une résonance particulière : tandis que nous nous souvenons des missionnaires qui ont quitté leur pays pour servir l’Église à Madagascar, nous contemplons aussi la continuité de la mission confiée aujourd’hui aux pasteurs, aux religieux et à l’ensemble des fidèles. L’histoire de l’Église ne se réduit pas aux noms et aux dates. Elle est faite de vocations, de fidélités, de changements et de recommencements. Chaque génération reçoit un héritage et porte la responsabilité de le faire fructifier.

6. Un héritage à transmettre aux nouvelles générations

Aujourd’hui, l’histoire de l’Assomption à Madagascar invite chaque religieux assomptionniste à se poser une question essentielle : comment poursuivre, dans les conditions actuelles, l’œuvre commencée par les premiers missionnaires ?

La réponse ne consiste pas simplement à conserver les institutions ou à rappeler les évènements du passé. Elle appelle à renouveler l’esprit missionnaire, à approfondir la vie spirituelle, à développer la fraternité et à répondre aux besoins concrets de l’Église et de la société malgaches.

À la suite de saint Augustin et du Père Emmanuel d’Alzon, les religieux sont appelés à aimer le Christ, à servir l’Église et à travailler à l’extension du Royaume de Dieu. Cet héritage doit se traduire par une formation humaine, spirituelle, intellectuelle et apostolique de qualité, ainsi que par une présence fraternelle auprès du peuple malgache.

Les premiers missionnaires ont semé une graine en 1953. Les générations suivantes ont contribué à la faire grandir. Il appartient désormais aux religieux d’aujourd’hui et de demain de continuer à la cultiver avec courage, humilité et espérance.

L’histoire de l’Assomption à Madagascar est une histoire de fidélité à l’Évangile et de transmission du charisme. Du départ des trois pionniers à Marseille jusqu’à l’engagement des religieux malgaches d’aujourd’hui, un même appel demeure : annoncer Jésus-Christ, servir l’Église et travailler, ensemble, à l’avènement du Royaume de Dieu. « Sois fort, prends courage, espère en Dieu » (Ps 27, 14). Cette parole peut résumer l’esprit qui anime cette histoire missionnaire : accueillir l’héritage reçu, vivre le présent avec fidélité et préparer l’avenir avec espérance.

Rivo Alpha